Plantation de karité :  un verger de karité de 3,13 hectares dans le village de Barama

Sur une superficie de 3, 13 hectares mise en défens en 2008, Eloi Marie Théodore Kaboré s’essaie à une plantation de l’espèce pourvoyeuse : Vitellaria paradoxa, Karité (Français) ; Shii yiri (Jula) ; Taanga (Mooré). Son idée de créer une plantation de karité est partie des karités sauvages qui existaient déjà en nombre important et depuis l’année de clôture en 2008, Eloi Marie Théodore Kaboré constate que chaque année il pousse d’importants jeunes plants qui résistent à la sècheresse. Et dès lors, il fait interdire le ramassage des amandes des fruits pendant des années. De cette expérience, il obtient un résultat très positif d’environs près de 500 jeunes plants de karité dont l’âge est compris entre 2 et 17 ans. Le 12 août 2024 avec le soutien de l’association femme 2000, ils ont mis en terre plus de 1500 plants de karité.

Le quotidien burkinabé en ligne sur le net, lefureteur.info était dans le village de Barama commune de Laye situé à 27 kilomètres de la ville de Ouagadougou les 27 et 28 février 2025 avec des amis présents dans la capitale du cinéma pour la 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) pour visiter le verger du promoteur du karité Eloi Marie Théodore Kaboré qui s’étend sur une superficie de 3,13 hectares avec à peu près 1500 karités selon le maitre des lieux. A en croire le promoteur des karités dans le village de Barama, c’est depuis 2008 en tant que pépiniériste qu’il essaie de planter des karités pour augmenter le nombre de ceux qui existaient déjà et devenus un peu vieux.

‘’ Avant de faire la mise en défens de cette portion de terre qui appartient à notre famille, il existait un important nombre de vieux et de jeunes karités par endroit sur la superficie de 3, 13 hectares mais il ne poussait pas de jeunes plants. La cause, on le sait : la divagation des animaux.  C’est à partir de l’année de la clôture qu’il a commencé a poussé sous des karités par endroit et un peu partout des jeunes plants. C’est ce qui m’a motivé d’abord à interdire le ramassage des amandes par les femmes de la famille et par suite j’ai commencé à planter. Le karité ne grandit pas vite. Son évolution est très lente et ne produit pas non plus vite. Ceux qui ont poussé d’eux-mêmes et ceux que j’ai planté dont leur âge varie entre 15 et 17 ans certains commencent à produire. Seulement avec ça, je peux par an avoir 3 à 4 sacs de 100 kilogrammes. C’est pour dire qu’avec le karité c’est une question de patience. Je me dis souvent que c’est par manque d’eau sinon le karité peut grandir et produire en moins de 10 ans. Notre saison pluvieuse est courte. Nous avons une très longue saison sèche qui dure près de 7 à 8 mois’’, regrette Eloi Marie Théodore Kaboré.

L’homme qui essaie de planter des karités rencontre un sérieux problème d’eau. Il dispose d’un forage non équipé qu’il souhaite transformer en château -d’eau. ‘’ Au Burkina Faso, on peut faire des champs de plantation de toutes les espèces pourvoyeuses. Seulement c’est le manque criard d’eau. Si j’avais la possibilité de 3 forages équipés en 10 ans, seulement j’allais pouvoir produire près 10 tonnes d’amandes de karités venant de mes 3, 13 hectares de karité, et surtout mon verger allait être un champ école’’, et ajoute ‘’ Vous voyez ! c’est la période de floraison de karités voilà pourquoi ils perdent leurs feuilles. Si vous y refaites un tour ici en saison pluvieuse vous serez séduit par la beauté de ces karités ‘’.

Eloi Marie Théodore Kaboré a expliqué aussi à ses visiteurs du jour que les fruits du karité sont généralement ovoïdes, à pulpe vert pâle, sucrée, assez agréable à manger. Ces fruits, qui arrivent à maturité au moment des travaux champêtres, jouent un rôle déterminant de complément alimentaire. Cependant, le produit le plus recherché du fruit est sans nul doute le beurre qu’on extrait des amandes. Traditionnellement ce beurre occupe une place importante dans la cuisine pour les fritures ou pour huiler la sauce en fin de cuisson. Il sert aussi à la fabrication de savon et autres produits cosmétiques cicatrisants et protecteurs cutanés. Sur le plan moderne, le beurre est sollicité pour l’industrie alimentaire, cosmétique et pharmaceutique. Au Burkina Faso, seule la région du sahel est presque dépourvue de karité. Néanmoins, ce sont les régions du Centre-Ouest, du Centre- Sud, du Sud- Ouest, de l’Est qui apparaissent comme les zones de grande production. Les fruits du karité arrivent à maturité à partir du mois de mai et la collecte se poursuit jusqu’en septembre, voire octobre. Le principal produit dérivé du fruit est le beurre à partir duquel on élabore divers produits qu’on regroupe dans le cosmétique, l’alimentaire et la pharmacie. En plus des produits dérivés du beurre, on fabrique de la confiture, de la crème glacée et du vinaigre à partir de la pulpe.

L’analyse chimique de la pulpe du fruit a révélé des teneurs en sucre solubles totaux de 4 à 33,9% ; en protéine de 2,4 à 10,3 mg/100 g de ms. ; en phosphore de 9 à 12.8 mg /100 g de ms. ; en zinc de 1 à 16 mg /100 de ms. ; en fer de 1 à 176 mg/100g de ms. ; en magnésium de 28 à 275mg / 100 g de ms. ; en calcium de 72 à 1103m /100 g de ms. ; en potassium de 318 à 3660 mg /100g de ms. (Maranz et al.,2004). La fraction liquide du beurre qui est l’Oléine peut servir d’huile de table et également en cosmétique tandis que la fraction solide appelée Stéarine est utilisée en chocolaterie, margarinerie et en pharmacie. En cela, les karités du Burkina Faso possèdent des avantages comparatifs. Teklehaimanot (2004) rapporte que 95% des importations d’amandes de karité sont destinées à l’industrie du chocolat, contre 5% pour celle du cosmétique.

David Demaison NEBIE  

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